Sommaire
- Une réforme du DPE qui corrige un biais… sans l’effacer totalement
- Pourquoi le chauffage électrique reste défavorisé dans le classement
- Un soulagement réglementaire réel, mais fragile dans la durée
L’essentiel à retenir
- Environ 700 000 logements électriques ont été reclassés hors passoires thermiques
- Le DPE reste structurellement moins favorable à l’électricité qu’au gaz
- Le reclassement allège la pression réglementaire, sans sécuriser totalement l’avenir
Une réforme du DPE qui corrige un biais… sans l’effacer totalement
Depuis le 1er janvier 2026, le DPE intègre un nouveau coefficient de conversion de l’électricité, abaissé de 2,3 à 1,9. Cette évolution permet à environ 700 000 logements chauffés à l’électricité de sortir mécaniquement des classes F et G, sans travaux.
Cette correction était attendue de longue date. Le mode de calcul précédent reposait sur un biais hérité d’une époque où l’électricité française était plus carbonée. Aujourd’hui, la production électrique repose majoritairement sur le nucléaire, avec de faibles émissions de CO₂, un élément longtemps mal reflété dans le DPE.
Pour les bailleurs concernés, l’effet est immédiat : la sortie du statut de passoire thermique permet d’échapper aux interdictions de location entrées en vigueur depuis 2025 et de sécuriser temporairement la mise en location du bien.
Pourquoi le chauffage électrique reste défavorisé dans le classement
Malgré cette réforme, le chauffage électrique reste structurellement pénalisé dans le DPE. Le coefficient de conversion demeure supérieur à celui du gaz, ce qui signifie que, à consommation finale équivalente, un logement chauffé à l’électricité affiche encore une performance énergétique moins favorable.
Ce déséquilibre a plusieurs conséquences concrètes :
- un classement souvent moins attractif que des logements comparables chauffés au gaz,
- un décalage possible entre le DPE affiché et la consommation réelle du logement,
- une confusion persistante pour les locataires entre performance administrative et confort thermique.
Autrement dit, le reclassement ne signifie ni amélioration automatique du confort, ni baisse garantie des charges pour l’occupant. Il s’agit avant tout d’une revalorisation administrative, utile mais partielle.
Un soulagement réglementaire réel, mais fragile dans la durée
Pour les propriétaires-bailleurs, la réforme constitue un allègement tangible de la pression réglementaire. Elle permet de remettre sur le marché des logements jusque-là bloqués par leur classement énergétique, sans engager immédiatement des travaux lourds.
Mais ce soulagement reste fragile. Le reclassement repose sur un paramètre réglementaire susceptible d’évoluer à nouveau. Une future réforme du DPE, un durcissement des seuils ou un changement de méthode de calcul pourrait remettre en cause ces équilibres.
Par ailleurs, un logement simplement reclassé sans amélioration réelle de son enveloppe thermique reste exposé à d’autres risques : attractivité locative limitée, contestations liées au confort ou arbitrages défavorables à la revente.
Pour les bailleurs chauffant à l’électricité, l’enjeu n’est donc pas seulement de constater la sortie des passoires thermiques, mais de mesurer les limites de ce reclassement dans une stratégie locative à moyen et long terme.
Dans un contexte où les règles énergétiques évoluent sans cesse, suivre précisément la situation de ses logements devient essentiel. BailFacile aide les bailleurs à centraliser leurs diagnostics, suivre leur conformité réglementaire et sécuriser leur gestion locative, afin d’anticiper plutôt que de subir les prochaines évolutions.



