Sommaire
- Isolation des murs et chaudières biomasse sorties du guichet
- Une orientation assumée vers l’électrification
- Une rentabilité des travaux plus fragile pour les bailleurs
Isolation des murs et chaudières biomasse sorties du guichet
Depuis la mi-2025, confirmée dans la version 2026, l’isolation seule des murs (intérieurs ou extérieurs) ne fait plus partie des travaux aidés en mono-geste. Les chaudières biomasse sont également exclues, contrairement aux poêles à bois qui restent soutenus.
Or ces postes représentaient une part significative des aides :
- L’isolation des murs extérieurs comptait pour 8 % des gestes financés en 2024
- Elle représentait 12 % des montants subventionnés, soit plus de 116 millions d’euros
- Les primes pouvaient atteindre 150 €/m² pour les ménages très modestes
Pour un bailleur, l’isolation des murs constituait souvent un levier efficace pour améliorer un DPE sans engager une rénovation globale. Sa sortie du guichet augmente mécaniquement le reste à charge.
Même logique pour les chaudières biomasse, qui remplaçaient fioul ou gaz. Elles entrent désormais en concurrence directe avec les pompes à chaleur, toujours soutenues.
Une orientation assumée vers l’électrification
Le budget global reste stable, mais grâce à une part accrue des Certificats d’économie d’énergie (CEE), à hauteur d’environ 500 millions d’euros.
Dans les faits, l’État oriente désormais clairement les aides vers certaines solutions, notamment les pompes à chaleur. Cette orientation vers l’électrification est assumée par les acteurs du secteur.
Conséquence possible : certains propriétaires pourraient être incités à changer leur système de chauffage sans traiter suffisamment l’isolation. Or, selon l’Ademe, 20 à 25 % des déperditions thermiques d’un logement ancien proviennent des murs.
Pour un bailleur, le choix technique n’est donc plus uniquement guidé par la performance énergétique ou le coût global, mais aussi par l’éligibilité aux aides.
Une rentabilité des travaux plus fragile pour les bailleurs
Prenons un exemple simple.
Avant exclusion, un bailleur souhaitant isoler 50 m² de murs extérieurs pouvait obtenir jusqu’à 7 500 € d’aide (150 €/m² pour les profils très modestes). Si le coût total des travaux atteignait 12 000 €, le reste à charge pouvait descendre autour de 4 500 €.
Aujourd’hui, en mono-geste, cette aide disparaît. Le reste à charge peut donc tripler.
Pour un logement classé F ou G, la décision devient stratégique :
- engager une rénovation globale, plus coûteuse mais subventionnée
- réaliser des travaux partiels moins aidés
- différer les travaux au risque de blocage locatif
Le danger réside surtout dans le mauvais timing. Lancer un chantier en s’appuyant sur d’anciennes règles d’éligibilité peut déséquilibrer totalement le plan de financement.
Dans un contexte d’interdiction progressive de location des passoires énergétiques, chaque décision impacte directement :
- la capacité à louer
- la durée d’amortissement des travaux
- la rentabilité nette du bien
MaPrimeRénov’ n’est donc plus seulement une aide. Elle devient un paramètre structurant des choix techniques et patrimoniaux des bailleurs.
Avant d’engager des travaux, simuler précisément le reste à charge et mesurer l’effet sur le rendement locatif permet d’éviter un arbitrage coûteux et de sécuriser son investissement.


