Sommaire
- Le RGPD s’applique aux bailleurs, mais sans lourdeur administrative
- Les documents que le bailleur peut exiger sans enfreindre le RGPD
- Le vrai risque RGPD : une gestion désorganisée des données
L’essentiel à retenir
- Le RGPD s’applique aussi aux bailleurs particuliers
- Il n’interdit pas la gestion locative, il l’encadre
- Le risque vient surtout d’une gestion floue et non traçable

Le RGPD s’applique aux bailleurs, mais sans lourdeur administrative
Contrairement à une idée répandue, le RGPD ne vise pas uniquement les professionnels ou les grandes entreprises. Un bailleur particulier est concerné dès lors qu’il collecte et conserve des données personnelles : identité du locataire, justificatifs de revenus, coordonnées bancaires ou échanges écrits.
Pour autant, le RGPD ne transforme pas le bailleur en gestionnaire administratif. Il repose sur deux principes simples : utilité et proportionnalité. Les données doivent être collectées uniquement pour gérer la location, et uniquement lorsqu’elles sont nécessaires.
Le bailleur n’a pas besoin de consentement formel du locataire pour traiter ces données. La base légale est claire : l’exécution du contrat de bail et le respect d’obligations légales (quittances, fiscalité, litiges éventuels).
Les documents que le bailleur peut exiger sans enfreindre le RGPD
Le cadre est strictement défini par la réglementation. Le bailleur peut demander un nombre limité de documents, à condition qu’ils soient directement liés à la location.
Il est notamment autorisé à exiger :
- une pièce d’identité du locataire,
- un justificatif de domicile,
- des justificatifs de situation professionnelle (contrat de travail, attestation employeur, carte étudiant),
- des justificatifs de ressources (bulletins de salaire, avis d’imposition, prestations),
- un relevé d’identité bancaire (RIB) pour la mise en place du paiement du loyer,
- les documents équivalents pour un cautionnaire, le cas échéant.
À l’inverse, certaines demandes restent interdites ou disproportionnées : relevés bancaires détaillés, informations médicales, casier judiciaire ou données sans lien direct avec la location. Même dans un marché tendu, le bailleur doit s’en tenir strictement à la liste autorisée.
Une fois le locataire en place, ces documents doivent être conservés de manière sécurisée, puis supprimés ou archivés uniquement pendant la durée nécessaire à la gestion du bail et aux obligations légales.
Le vrai risque RGPD : une gestion désorganisée des données
Dans la pratique, les sanctions ne visent pas les bailleurs de bonne foi, mais les situations de gestion approximative : documents dispersés entre e-mails, fichiers non sécurisés, accès multiples non maîtrisés, dossiers conservés sans raison.
Quelques réflexes suffisent à rester conforme :
- centraliser les documents dans un espace sécurisé,
- limiter l’accès aux données strictement nécessaires,
- éviter la circulation de pièces sensibles par e-mail,
- supprimer les dossiers des candidats non retenus après un délai raisonnable,
- conserver les documents du locataire uniquement pendant la durée utile.
Le RGPD ne pénalise pas la gestion locative. Il sanctionne surtout l’absence de méthode et de traçabilité.


