Sommaire
- Ce que signifie concrètement la “réouverture” de MaPrimeRénov’
- Un engorgement immédiat lié aux dossiers déjà en attente
- Des priorités de fait dès le redémarrage du dispositif
- Quels risques pour les bailleurs et quelles précautions prendre ?
L’essentiel à retenir
- MaPrimeRénov’ rouvre avec un stock massif de dossiers en attente
- Le dispositif privilégie certaines rénovations dès le redémarrage
- Les délais et la saturation doivent être intégrés avant de lancer des travaux
Ce que signifie concrètement la “réouverture” de MaPrimeRénov’
La réouverture annoncée de MaPrimeRénov’ ne correspond pas à un redémarrage à zéro. Le ministre du Logement a confirmé que le guichet rouvrira dès la promulgation de la loi de finances, attendue courant février. Mais le dispositif reprend avec les mêmes contraintes budgétaires qu’en 2025.
Le budget alloué en 2026 s’élève à 3,6 milliards d’euros, un montant identique à celui de l’an dernier. Cette enveloppe est jugée plus soutenable pour l’État grâce à un recours accru aux certificats d’économie d’énergie, mais elle n’augmente pas alors que la demande, elle, repart fortement.
Autrement dit, la réouverture est administrative, mais la capacité de financement reste plafonnée. Pour les bailleurs, cela implique que l’accès à l’aide sera nécessairement sélectif, même si le dispositif est officiellement « ouvert à tous ».
Un engorgement immédiat lié aux dossiers déjà en attente
Au moment de la réouverture, 83 000 dossiers déposés en 2025 sont déjà dans le circuit, en attente d’instruction. Ces demandes doivent être traitées en priorité, ce qui crée mécaniquement un effet d’entonnoir pour les nouveaux projets.
Le ministre du Logement a lui-même qualifié le guichet de « congestionné ». Cette situation limite la capacité du dispositif à absorber rapidement de nouvelles demandes, notamment celles déposées après la reprise officielle.
Pour les bailleurs, le risque principal n’est donc pas un refus immédiat, mais un décalage important entre le dépôt du dossier et le versement effectif de l’aide, avec des conséquences directes sur la trésorerie et le calendrier des travaux.
Des priorités de fait dès le redémarrage du dispositif
Même si MaPrimeRénov’ est de nouveau accessible sans condition de revenus, certaines priorités sont clairement affichées. En 2026, le dispositif financera en priorité les rénovations globales, c’est-à-dire les projets combinant plusieurs gestes d’isolation.
Certains travaux restent éligibles, comme le remplacement de fenêtres ou de chaudières, mais d’autres sont exclus, notamment :
- les chaudières biomasse,
- la seule isolation des murs.
Selon les projections de l’Agence nationale de l’habitat, MaPrimeRénov’ devrait financer en 2026 environ 150 000 rénovations par geste et 120 000 rénovations globales, dont une part importante en copropriété. Face aux 83 000 dossiers déjà en attente, ces volumes illustrent la tension structurelle du dispositif.
Quels risques pour les bailleurs et quelles précautions prendre ?
Pour les propriétaires-bailleurs, la saturation de MaPrimeRénov’ impose une approche prudente. Compter sur un versement rapide de l’aide pour lancer des travaux expose à un risque de décalage financier, voire de blocage temporaire du projet.
Avant de déposer ou de relancer un dossier, il est utile :
- d’anticiper des délais de traitement allongés,
- de vérifier la faisabilité du projet sans aide immédiate,
- d’intégrer la priorisation des rénovations globales dans la stratégie.
En 2026, MaPrimeRénov’ reste un levier, mais un levier sous tension. Pour les bailleurs, l’enjeu est désormais d’aligner calendrier, obligations réglementaires et capacités financières, sans dépendre uniquement d’un dispositif saturé.
SOMMAIRE
- Ce que signifie concrètement la “réouverture” de MaPrimeRénov’
- Un engorgement immédiat lié aux dossiers déjà en attente
- Des priorités de fait dès le redémarrage du dispositif
- Quels risques pour les bailleurs et quelles précautions prendre ?


