Sommaire
- Un nouveau calcul plus favorable à l’électricité
- Trois avantages directs pour les bailleurs
- Les critiques : une pause dans la rénovation ?
Un nouveau calcul plus favorable à l’électricité
Jusqu’ici, le chauffage électrique était désavantagé par un coefficient de conversion de 2,3, ce qui faisait basculer nombre de biens en F ou G, avec interdiction progressive de mise en location.
L’arrêté du 26 août 2025 corrige cette distorsion : à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, le coefficient descend à 1,9, alors que le gaz ou le bois restent à 1. Ce changement reflète mieux le mix énergétique français, où l’électricité, largement d’origine nucléaire, émet moins de CO₂ que ne le laissait supposer l’ancien calcul.
Le DPE ne s’appuie pas sur la seule consommation en énergie finale, mais sur la consommation en énergie primaire :
- Consommation finale × coefficient de conversion = consommation primaire.
- Exemple : 1 kWh d’électricité consommé était compté pour 2,3 kWh en primaire ; avec la réforme, il comptera désormais pour 1,9 kWh.
- Pour le gaz, le coefficient reste à 1,0 : 1 kWh consommé = 1 kWh primaire.
C’est ce mécanisme qui expliquait pourquoi les logements chauffés à l’électricité étaient systématiquement désavantagés.
Conséquence : 850 000 logements devraient gagner une classe DPE, parfois deux pour les petites surfaces, sans qu’aucun ne se dégrade. Ce chiffre est issu des données au 1ᵉʳ janvier 2023 (≈ 4,8 millions de résidences principales classées F ou G). Pour mémoire, le SDES/ONRE recensait 5,8 millions de passoires énergétiques tous logements confondus (principales, secondaires, vacants) au 1ᵉʳ janvier 2024.

Trois avantages directs pour les bailleurs
Pour les propriétaires, cette réforme technique a des effets immédiats :
- Maintien dans le parc locatif : un logement passant de G à F ou de F à E échappe aux interdictions fixées par la loi (G interdits depuis janvier 2025, F en 2028, E en 2034).
- Attestation officielle gratuite : à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, les bailleurs pourront télécharger une attestation de nouvelle étiquette sur observatoire-dpe-audit.ademe.fr. Ce document a la même durée de validité que le DPE d’origine et s’impose pour les transactions comme pour les locations. Un simulateur est déjà disponible pour anticiper.
- Économies sur les travaux : un cran de notation en plus peut reporter, ou réduire, des rénovations lourdes chiffrées à plusieurs milliers d’euros.
Les critiques : une pause dans la rénovation ?
Si les fédérations de bailleurs saluent une décision pragmatique, plusieurs associations de consommateurs redoutent un ralentissement de la rénovation énergétique. Un logement mieux noté mais mal isolé reste synonyme de factures élevées pour les occupants, souvent modestes.
Le Gouvernement assume néanmoins ce choix, présenté comme une correction d’injustice et une manière de préserver l’offre locative en évitant un retrait massif de logements du marché.