SOMMAIRE
- 7 rumeurs qui agitent les bailleurs… et ce qu’il faut vraiment en penser
- Comment louer son logement en 2026 : le cadre dans lequel le bailleur devra évoluer
- Avec 850 000 passoires énergétiques en moins, quel impact sur la tension locative ?
- DPE, loyers, fiscalité : l’agenda 2026 du bailleur (les dates à retenir)
7 rumeurs qui agitent les bailleurs… et ce qu’il faut vraiment en penser
Fiscalité, loyers, DPE, aides publiques : le marché locatif évolue dans un cadre réglementaire de plus en plus dense. À force d’annonces partielles, de réformes reportées et de titres anxiogènes, des rumeurs finissent par circuler et influencent directement les décisions des bailleurs. Certaines conduisent à retarder une mise en location, d’autres à renoncer à un investissement pourtant viable. Tour d’horizon de sept idées reçues très répandues — et de leurs effets réels sur la gestion locative en 2026.
« L’encadrement des loyers va s’appliquer partout en France »
Faux. L’encadrement des loyers est un dispositif local, mis en place uniquement dans les communes qui en font la demande et qui justifient d’une tension locative avérée. Il n’existe aucune extension automatique à l’ensemble du territoire.
En pratique, une large majorité des bailleurs reste en zone de fixation libre des loyers. Pourtant, cette rumeur conduit certains propriétaires à renoncer à ajuster un loyer lors d’une relocation, par crainte d’une réglementation inexistante dans leur commune. Résultat : des loyers volontairement sous-évalués, sans fondement légal.
« La location meublée va perdre tous ses avantages fiscaux en 2026 »
Exagéré. La fiscalité de la location meublée s’est durcie en 2025 (abattements réduits, seuils modifiés, contrôles renforcés), mais aucune suppression totale des régimes fiscaux du meublé n’est prévue en 2026.
Le vrai enjeu réside dans l’instabilité fiscale. Cette incertitude complique les projections, mais elle ne remet pas en cause l’intérêt du meublé dans de nombreux cas concrets : petites surfaces, zones tendues, locations étudiantes ou mobilité professionnelle. Abandonner ce régime par anticipation revient souvent à dégrader volontairement sa rentabilité, sans obligation légale.
« Les logements mal classés au DPE seront impossibles à louer ou à vendre »
Inexact. Les interdictions sont progressives et limitées à la location.
- Les logements classés G sont interdits à la location.
- Les logements F le seront en 2028.
- Les logements E en 2034.
Aucune interdiction de vente n’existe à ce jour.
Par ailleurs, les ajustements récents de la méthode de calcul du DPE permettent déjà à certains logements, notamment de petites surfaces, de changer de classe sans travaux. Malgré cela, la rumeur conduit certains bailleurs à décoter leur bien ou à différer une vente, alors que le cadre légal ne l’impose pas.
« Un permis de louer national arrive »
Faux. Le permis de louer est un outil strictement local, instauré par certaines communes pour lutter contre l’habitat indigne. Chaque collectivité fixe son périmètre, ses modalités et ses sanctions.
Aucune généralisation nationale n’est prévue. Pourtant, cette rumeur pousse certains bailleurs à anticiper des démarches administratives inexistantes, ou à renoncer à louer dans des zones où aucun permis n’est en vigueur. Une simple vérification auprès de la mairie suffit à lever le doute.
« Le statut du bailleur privé est définitivement abandonné »
Inexact. Le nouveau statut fiscal du bailleur privé, évoqué fin 2025, a été reporté avec le décalage du vote du budget 2026. Il n’a pas été supprimé, mais reste en attente d’arbitrages politiques.
À ce stade, aucune réforme n’est entrée en vigueur : les règles fiscales actuelles continuent de s’appliquer. Anticiper une disparition des dispositifs existants conduit certains bailleurs à modifier leur stratégie sans base juridique, au risque de prendre de mauvaises décisions patrimoniales.
« MaPrimeRénov’ sera suspendue en 2026 »
Non confirmé. Les conditions d'accès à MaPrimeRénov’ sont plus strictes et les contrôles sont renforcés. En revanche, aucune annonce officielle ne prévoit une suspension générale en 2026. Le dispositif est toutefois en pause en attendant le vote du budget 2026.
Pour les bailleurs, la difficulté est ailleurs : complexité administrative, délais d’instruction, incertitude sur les montants réellement obtenus. La rumeur d’une suppression totale ajoute une couche d’attentisme supplémentaire, souvent injustifiée.
« La TVA va s’appliquer à toutes les locations en 2026 »
Faux. La TVA concerne uniquement certaines locations meublées de courte durée proposant des services para-hôteliers (ménage, accueil, petit-déjeuner, etc.). Elle ne s’applique ni à la location nue, ni à la location meublée classique de longue durée.
Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle taxe généralisée, mais d’un cadre existant, régulièrement mal interprété. Pourtant, cette confusion suffit à nourrir la crainte d’une fiscalité alourdie pour l’ensemble des bailleurs.
Aucune de ces rumeurs ne constitue, prise isolément, une rupture brutale pour le marché locatif. En revanche, leur accumulation entretient un climat d’instabilité qui influence déjà les comportements. Pour les bailleurs, l’enjeu n’est plus seulement de suivre les règles, mais de savoir distinguer les contraintes réelles du bruit ambiant — afin d’arbitrer sur des bases factuelles plutôt que sous la pression des annonces anxiogènes.
Comment louer son logement en 2026 : le cadre dans lequel le bailleur devra évoluer
Après les rumeurs et les approximations, reste une réalité plus structurante : louer en 2026 implique d’évoluer dans un cadre plus normé, plus conditionnel et moins lisible qu’auparavant. Sans rupture brutale, le marché locatif s’est transformé par couches successives de règles, obligeant les bailleurs à faire des choix sur des bases parfois incomplètes. DPE, loyers, fiscalité, formalisme : tour d’horizon des paramètres incontournables pour louer sans prendre des risques inutilement.
Qu’en est-il réellement du statut du bailleur en 2026 ?
Le nouveau statut fiscal du bailleur privé, évoqué fin 2025, n’est pas entré en vigueur. Son report, lié au décalage du vote du budget 2026, ne modifie pas les règles applicables aujourd’hui.
En 2026, le cadre est donc inchangé. Le bailleur continue de louer selon les régimes fiscaux existants :
- en location nue : micro-foncier ou régime réel ;
- en location meublée : micro-BIC ou régime réel (LMNP / LMP selon la situation).
Aucun de ces dispositifs n’a été supprimé ni suspendu.
Concrètement, le bailleur doit raisonner avec les règles actuelles, sans anticiper une réforme non votée. La prudence consiste à éviter les stratégies reposant exclusivement sur un avantage fiscal hypothétique, et à privilégier des montages rentables même sans évolution favorable du cadre fiscal.
Quelles sont les conditions à respecter en matière de DPE pour pouvoir louer ?
La performance énergétique est devenue le premier filtre d’accès au marché locatif. Le DPE ne se limite plus à une information annexe : il conditionne directement le droit de louer.
Avec l’interdiction déjà effective des logements classés G, puis celles prévues pour les F et les E, le classement énergétique structure désormais toute décision :
- mise en location possible ou non ;
- rentabilité réelle après travaux ;
- arbitrage entre conservation, rénovation ou cession.
La nouvelle méthode de calcul du DPE renforce encore ce rôle central. Certains biens peuvent être reclassés sans travaux lourds, quand d’autres voient leur mauvais classement confirmé. En 2026, louer sans une lecture précise de son DPE expose à un risque de blocage pur et simple.
Comment fixer son loyer dans un cadre de plus en plus encadré ?
La fixation du loyer dépend désormais strictement de la situation géographique du logement. Le bailleur ne relève pas d’un cadre unique, mais d’un régime précis, juridiquement opposable.
| Situation du logement | Règle applicable | Ce que le bailleur peut faire | Ce qui est interdit |
|---|---|---|---|
| Hors zone tendue | Liberté de fixation du loyer | Fixer librement le loyer à la mise en location | Rien, hors abus manifeste |
| Zone tendue sans encadrement | Liberté encadrée à la relocation | Réviser le loyer sous conditions (travaux, sous-évaluation) | Augmenter librement sans justification |
| Zone avec encadrement des loyers | Encadrement strict | Fixer le loyer dans la limite du plafond majoré | Dépasser le plafond sans complément légal |
| Renouvellement de bail | Règles spécifiques | Réviser selon l’IRL si clause prévue | Revaloriser librement le loyer |
| Relocation en zone encadrée | Loyer plafonné | Ajuster dans la limite légale | Repartir “au prix du marché” |
Dans les communes soumises à l’encadrement, un loyer fixé au-delà du plafond est contestable par le locataire et peut entraîner une obligation de remboursement du trop-perçu.
Quelle fiscalité et quelles obligations déclaratives pour louer en 2026 ?
Les réformes fiscales de 2025 ont renforcé les exigences déclaratives, mais les régimes existants demeurent pleinement applicables.
En pratique, louer en 2026 implique :
- de choisir entre micro et régime réel selon les seuils en vigueur ;
- d’anticiper les effets de seuil, notamment en location meublée ;
- de sécuriser les déclarations pour éviter redressements et pénalités.
La fiscalité n’est plus un sujet secondaire traité a posteriori. Elle conditionne directement la rentabilité nette et la conformité du bailleur vis-à-vis de l’administration fiscale.
Quelles obligations administratives encadrent désormais la mise en location ?
La mise en location s’inscrit, elle aussi, dans un cadre administratif de plus en plus formel. Diagnostics obligatoires, documents contractuels, règles locales spécifiques : la location “à l’ancienne” laisse place à une gestion encadrée et traçable.
Selon les communes, le bailleur doit aussi composer avec :
- des autorisations préalables ;
- des dispositifs locaux de contrôle ;
- un formalisme renforcé autour du logement et du bail.
Un bail non conforme ou un diagnostic manquant peut rendre le contrat inopposable ou engager la responsabilité du bailleur. Louer sans maîtriser ces obligations expose donc à des sanctions évitables.
Louer en 2026 reste possible et pertinent, à condition de maîtriser un cadre où le droit de louer, le loyer, la fiscalité et les obligations administratives s’entrecroisent. Ce niveau d’exigence impose une gestion rigoureuse, appuyée par des outils conformes à la réglementation, comme BailFacile.
Avec 850 000 passoires énergétiques en moins, quel impact sur la tension locative ?
La réforme du mode de calcul du DPE, entrée en vigueur début 2026, a fait émerger un chiffre marquant : environ 850 000 logements sortiraient des catégories F et G. Présentée comme un rééquilibrage technique, elle modifie pourtant bien plus que des classements. Pour les bailleurs, elle pose une question centrale : cette correction peut-elle réellement réduire la tension locative, sans pénaliser ceux qui ont déjà engagé des travaux ou investi sous les anciennes règles ?
Quels logements et quels bailleurs sont réellement concernés par la réforme du DPE ?
La réforme ne s’applique pas uniformément à l’ensemble du parc. Elle cible principalement les petites surfaces de l’ancien, pénalisées par l’ancienne méthode de calcul fondée sur une consommation théorique au mètre carré.
La nouvelle formule corrige ce biais. Résultat : des studios et T1 jusque-là classés F ou G peuvent désormais être reclassés E, voire D dans de rares cas, sans travaux supplémentaires.
Exemple concret : Un studio de 23 m² à Lyon, chauffé à l’électricité, classé G en 2024, devient F avec la nouvelle méthode. Avant la réforme, le bailleur envisageait des travaux ou une sortie du marché locatif. En 2026, le logement redevient louable sans investissement complémentaire.
À l’inverse, les logements structurellement énergivores — maisons anciennes, grandes surfaces mal isolées — restent majoritairement exclus du reclassement. La réforme bénéficie donc à une catégorie ciblée de bailleurs.
Quelles conséquences concrètes la réforme du DPE peut-elle avoir sur le marché locatif ?
Sur le plan administratif, la sortie de 850 000 logements des catégories F et G limite le risque de retraits forcés du marché. Elle évite que certains biens deviennent non louables du seul fait de l’ancienne méthode de calcul, sans lien avec leur performance énergétique réelle.
Dans les faits, l’impact reste limité et très hétérogène selon les territoires :
- dans les grandes villes, la réforme permet de préserver une partie de l’offre de petites surfaces ;
- dans les zones déjà tendues, elle freine une dégradation supplémentaire sans créer de logements nouveaux ;
- ailleurs, son impact est marginal.
La réforme agit donc comme un amortisseur, pas comme un levier structurel. Elle corrige une exclusion excessive, mais ne modifie pas l’équilibre fondamental entre offre et demande.
La réforme du DPE est-elle réellement une bonne nouvelle pour les bailleurs ?
Pour les bailleurs dont les logements sortent des classes interdites, la réforme est indéniablement positive. Elle redonne de la visibilité, sécurise le droit de louer et évite des travaux parfois disproportionnés au regard du bien.
Mais pour ceux qui ont rénové en amont afin de respecter les premières échéances du calendrier énergétique, la lecture est plus amère. Ces propriétaires ont engagé des investissements parfois lourds sur la base d’un diagnostic désormais corrigé, sans mécanisme de reconnaissance ou de compensation. Là où certains conservent aujourd’hui le droit de louer sans travaux, d’autres ont absorbé un coût significatif pour atteindre le même résultat réglementaire.
Ce décalage nourrit un sentiment d’injustice, largement partagé dans les retours du terrain. Juridiquement, la réforme est difficilement contestable. Économiquement, les travaux conservent une valeur patrimoniale. Mais sur le plan de la confiance, l’effet est réel : elle fragilise la perception de stabilité des règles pour les bailleurs les plus anticipateurs.
DPE, loyers, fiscalité : l’agenda 2026 du bailleur (les dates à retenir)
En 2026, la gestion locative s’organise autour d’échéances précises qui conditionnent directement le droit de louer, la fixation des loyers et la conformité fiscale et administrative des bailleurs. Certaines dates emportent des conséquences juridiques immédiates, d’autres relèvent de points de vigilance à anticiper pour éviter des erreurs coûteuses. Cet agenda vise à identifier clairement les moments clés de l’année afin de piloter sa location sans se mettre en faute.
1er janvier 2026 — une échéance structurante pour le droit de louer
→ Entrée en vigueur de la nouvelle méthode de calcul du DPE
Seuls les diagnostics réalisés ou renouvelés selon cette méthode permettent d’en bénéficier. Les anciens DPE ne sont pas recalculés automatiquement. En pratique, le classement énergétique issu de cette nouvelle méthode conditionne directement la possibilité de louer le logement.
→ Application sur une année pleine de l’interdiction de louer les logements classés G
En 2026, aucun logement classé G ne peut légalement être mis en location, y compris en cas de relocation. Toute mise en location expose le bailleur à des sanctions et à des contentieux.
Janvier 2026 — encadrement des loyers et révisions
→ Publication des loyers de référence 2026 dans les communes soumises à l’encadrement
Ces plafonds s’imposent pour toute nouvelle mise en location ou relocation. Un loyer fixé au-delà du plafond majoré est contestable par le locataire et peut entraîner la restitution du trop-perçu.
→ Publication de l’IRL par l’Insee
Indice utilisé pour la révision annuelle des loyers en cours de bail, uniquement lorsque le contrat prévoit une clause de révision. À défaut, aucune augmentation n’est légalement possible.
Mars 2026 — point de vigilance technique indirect
→ Coupure définitive du réseau 2G, affectant environ 230 000 ascenseurs en copropriété
Cette échéance ne crée pas d’obligation directe pour le bailleur, mais peut entraîner des travaux votés en copropriété, des immobilisations temporaires ou des appels de charges exceptionnels, impactant la rentabilité du bien.
31 mars 2026 — fin de la trêve hivernale
→ Reprise possible des procédures d’expulsion
Les procédures et décisions judiciaires suspendues pendant l’hiver peuvent reprendre, sous réserve des délais de procédure et des décisions de justice déjà rendues.
Avril 2026 — nouvelle publication de l’IRL
→ IRL du deuxième trimestre
À surveiller pour les baux arrivant à échéance de révision à cette période, toujours sous réserve de la présence d’une clause de révision au contrat.
Avril à juin 2026 — période fiscale centrale
→ Déclaration des revenus locatifs 2025
Location nue (micro-foncier ou régime réel) et location meublée (micro-BIC ou régime réel, LMNP/LMP) doivent être déclarées selon des règles désormais plus techniques. Une erreur ou une omission peut entraîner redressements et pénalités.
→ Déclaration ou mise à jour de l’activité de location meublée sur le guichet unique de l’INPI
Une formalité encore mal identifiée par de nombreux bailleurs, mais désormais obligatoire pour être en conformité administrative.
Avant le 1er juillet 2026 — obligation déclarative annuelle
→ Déclaration d’occupation des logements sur
Cette déclaration doit être renouvelée chaque année, y compris en l’absence de changement de situation. Une omission peut entraîner des sanctions fiscales.
Publications trimestrielles de l’IRL en 2026
→ Janvier, avril, juillet et octobre 2026
Ces publications rythment les possibilités de révision des loyers prévues contractuellement.
Toute l’année 2026 — vigilance locale permanente
→ Déclaration préalable ou autorisation de mise en location dans les communes soumises au permis de louer
Une obligation locale, mais continue, à respecter avant chaque nouvelle mise en location ou relocation sous peine de sanctions administratives.
31 décembre 2026 — échéance stratégique à anticiper
→ Dernière fenêtre pour préparer l’interdiction de louer les logements classés F au 1er janvier 2028
Au-delà de cette date, les marges de manœuvre se réduisent fortement pour les bailleurs concernés, tant sur le plan technique que financier.
L’année 2026 n’est pas une rupture réglementaire, mais une année de pilotage précis. Certaines dates conditionnent le droit de louer, d’autres la fixation du loyer ou la conformité fiscale. Pour les bailleurs, maîtriser cet agenda devient une obligation centrale, au même titre que le choix du régime fiscal ou la conformité du bail.
🙏 Merci pour votre lecture et excellente année à tous !
Rendez-vous le mois prochain pour décrypter les nouvelles actualités de l'immobilier locatif. Des questions sur la gestion locative au sens large ? Consultez notre guide du bailleur pour trouver des réponses simples et concrètes à toutes vos problématiques !
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- 7 rumeurs qui agitent les bailleurs… et ce qu’il faut vraiment en penser
- Comment louer son logement en 2026 : le cadre dans lequel le bailleur devra évoluer
- Avec 850 000 passoires énergétiques en moins, quel impact sur la tension locative ?
- DPE, loyers, fiscalité : l’agenda 2026 du bailleur (les dates à retenir)



